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Blanc sur fond noir (160 g.). Taille une grandeur au dessus ( ex. : taille"S" = taille"M")
Albert Spaggiari naît au pays de Giono, sur les bords de la Durance. Son père meurt très tôt et c’est sa mère qui l’élève au sein de son clan italo-provençal.
Le jeune Albert grandit à Hyères. Il préfère très vite les bagarres au train-train de l’école. Toute sa vie, Albert préférera l’aventure à la monotonie sociale.
Son premier casse, il le commet tout gamin pour lancer un superbe solitaire sur les genoux d’une jeune et belle passante qu’il n’a pas su retenir… Las des petites bagarres, Albert se jette dans la grande, celle des adultes. C’est beaucoup moins beau et ce sera l’Indochine. Parachutiste, il est venu naïvement "prendre part à un fort beau spectacle". Qu’il racontera dans son premier livre, "Faut pas rire avec les Barbares", rédigé à la Santé, où ses activités OAS l’ont envoyé plusieurs années après.
L’Indochine de Spaggiari, c’est un mélange de Schoendoerffer, de Mash et de Malraux (celui de La Voie Royale). Une guerre crue, de condottiere, de soudard.
La décolonisation, Spaggiari l’aura bien comprise : " Si on veut bien se décomplexer, faut le dire : cette guerre est complètement con. Et on n’a jamais vu un peuple, dans l’Histoire, ne pas reprendre sa liberté".
Spaggiari, qui a bourlingué aussi en Afrique, est venu, a vu, et n’a pas adhéré aux utopies d’empire. Tout en reconnaissant les réalités, loin des caricatures archi-rabâchées : "Non, monsieur l’Imbécile de tout à l’heure, il y avait moins de racisme dans toute l’Afrique française que dans la respectable bourgeoisie parisienne, moins de champs de coton ou de mines de sel là-bas que de Boulogne-Billancourt dans l’Hexagone".
Albert finit par se poser à son nid d’aigle niçois des "Oies Sauvages" avec sa femme Audi. Il est photographe. Mais privé de la plus belle des aventures, la vie de notable n’est toujours pas pour lui : "Sans enfant, il n’y a pas de tribu, ce repaire, je l’ai bâti pour rien. Aucun des enfants que j’aurais pu avoir ne partira piller la plaine ou fertiliser la montagne". Alors, avec quelques hors-la-loi dans son genre, rencontrés au gré de ses aventures, il met au point une idée géniale : le casse de la Société Générale de Nice, par les égouts. La vocce della fogna !
Un travail titanesque exécuté par des fourmis, avec les rats pour compagnie (18 juillet 1976). Mais au bout du tunnel, 46 et quelques millions de francs!... Le tout "sans haine, sans violence et sans arme". Finalement balancé, Spaggiari et une partie du Gang des égoutiers sont arrêtés. Mais, toujours spectaculaire et imprévisible, Albert s’évade de manière sensationnelle en sautant de la fenêtre du bureau du juge d’instruction(10 mars 1977).
C’est le début d’une cavale qui l’amènera de l' Amérique du sud des Stroesser, Pinochet...à l'Italie des "années de plomb", et à chaque fois il se délestera d'une partie de son magot en solidarité (la "catena") pour les camarades fascistes en lutte...
Cela finira en 1989, à l'âge de 55 ans, en Italie, après douze années passées à se grimer et à fuir malgré le fait qu'il soit déjà revenu plusieurs fois en France, à la barbe des condés, pour embrasser sa mère et les copains ou passer à un "Apostrophes" clandestin! Sa compagne dépose son corps à Hyères (Var) chez sa mère le 10 juin et il sera enterré à Laragne.
Albert Spaggiari? Présent!
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